Quelques Pensés sur la Syrie

Here are French, Spanish and German translations of my article ‘Some thoughts on Syria’. Many thanks to Brandon, Elisa and Dan for the translations.

Spanish and German follow.

En 2011, le peuple Syrien, faisant parti d’un soulèvement transnational à travers la région, s’est soulevé en grand nombre pour demander de renverser le régime. Ce fut un soulèvement populaire spontané, originaire des zones rurales et urbaines défavorisées. C’était une réponse à des décennies de dictature, un État policier répressif, une élite de style mafia et des politiques néolibérales du régime Baathiste qui avait appauvris plusieurs couches de la population.


Ce fut un mouvement sans chef qui unissait les personnes à travers la classe, l’ethnie et les frontières religieuses. Les jeunes hommes et femmes se sont organisées horizontalement dans les comités qui ont surgi dans les villes et villages à travers le pays pour coordonner les manifestations et les campagnes de désobéissance civile et à envoyer de l’aide pour les assiégées ou les communautés bombardées. Les militants des comités ont travaillé pour coordonner les exigences de la révolution à travers le pays – pour la chute du régime et la transition vers une démocratie non-sectaire, un état civil. Au fil du temps, face à l’augmentation et la brutalité sauvage de la répression étatique, les gens se sont armés et organisés en milices populaires pour défendre les manifestants et leurs communautés contre les attaques. En 2012 il y avait une lutte militaire complète entre, d’une part, une multitude de milices populaires regroupées sous des étiquettes : «Armée Libre» et, d’autre part, l’État.

La Syrie a été la révolution la plus profonde de tous les pays du «printemps arabe». À la mi-2012, l’État n’était plus sous le contrôle de plus de la moitié du pays. Dans l’ensemble des zones libérées et dans les zones autonomes nouvellement créées, les conseils locaux (sur la base de la vision anarchiste Omar Aziz) ont été créés pour administrer la vie, l’exploitation de services de base comme l’éducation et l’approvisionnement en eau, en plus de  la culture de leur propre nourriture. À travers les conseils et comités, les gens ont mené leurs propres affaires dans les zones libérées au cours des quatre années suivantes et en exprimant une solidarité communautaire des plus créatives et pratiques. Ces expériences en autonomie, auto-organisation peuvent avoir été conduit plus par la nécessité que par l’idéologie, mais ils étaient la preuve d’une transformation sociale importante qui a reconfiguré les relations sociales loin de ceux basées sur la hiérarchie et de domination vers l’autonomisation des individus et  des communautés. Les énergies qui déchaînèrent la révolution ont conduit à l’émergence de centaines d’organisations et de campagnes civiles ainsi qu’un épanouissement de la culture longtemps réprimée (dans les arts et dans le débat critique).

Mais, comme ailleurs dans la région, la contre-révolution était très forte. Assad a utilisé des missiles balistiques, des armes chimiques et des bombes de baril, ciblant principalement la population civile dans les zones libérées. Au début de 2015, plus de 210 000 personnes ont été tuées, et quatre fois ce nombre blessées. Des villes entières sont en ruines, des maisons, des hôpitaux, des écoles et des gagne-pain détruits. Plus de 150 000 personnes ont été incarcérées dans les Dungeon d’Assad, principalement des militants civils qui se sont opposés pacifiquement au régime. Des milliers ont été torturé à mort. Plus de la moitié de la population ne vivent plus dans leurs propres maisons, soit déplacées à l’intérieur ou soit ayant fui le pays en tant que réfugiés. 65 pour cent de la population vit dans l’extrême pauvreté et 650 000 personnes sont piégés dans des zones assiégées (Comme le camp de réfugiés de Yarmouk pour les Palestiniens) face à la famine – partie de “mourir de faim ou se soumettre ‘la politique du régime.
Groupes totalitaires et extrémistes islamistes comme Daesh (l’État islamique) ont gagné en puissance dans le chaos et ont commencé à prendre en charge les zones libérées, ciblant les civils révolutionnaires et la milice de l’Armée libre et commettre des abus horribles et des attaques sectaires. Les gangs criminels et profiteurs de guerre ont émergé. La Syrie est devenue le champ de bataille des guerres par procuration, des rivalités entre sunnites et chiites, des interventions étrangères. Les troupes iraniennes et les milices djihadistes chiites soutenus par l’Iran occupent maintenant une partie du pays, et soutiennent le régime. Des extrémistes sunnites étrangers (y compris des colons européens) affluent à rejoindre Daesh. Voilà le prix pour demander la liberté.
Il n’y avait rien d’inévitable dans ce qui est arrivé en Syrie. Les partisans du régime depuis le début avaient clairement leurs intentions, ils les griffonnés sur les murs à travers la Syrie: “Al-Assad ou nous brûlons le pays”. Comme la Russie et l’Iran ont apporté un soutien économique et militaire illimité au régime pour écraser l’opposition, l’Armée syrienne libre démocratique a reçu très peu en termes d’armes ou de soutien. Plusieurs Islamistes ont été libérés de prison par Assad, en 2011 (ils sont allés à la tête des principales brigades islamistes) et ont reçu un soutien (financier et militaire), principalement par les États du Golfe. Ils sont venus à dominer la lutte militaire. Le sectarisme a été soigneusement entretenu par les politiques du régime et de calculs politiques, comme en envoyant les alaouites-unité de la mort- dans les quartiers civils sunnites. Les élites politiques de l’opposition de la Syrie en exile ont été pris en otage par une influence du Golfe ou de l’occident, et de toute façon n’ont jamais eu aucune pertinence réelle sur le terrain. Le pire de tout, les révolutionnaires civils syriens ont été abandonnées, y compris par une grande partie de la gauche internationale qui les calomnié comme des insensés, des djihadistes barbares ou des agents de l’Occident.
Une exception a été les Kurdes de Syrie qui ont attiré la solidarité internationale pour la révolution sociale se produisant dans Rojava et de leur lutte courageuse contre les fascistes du Daesh. Alors que cette solidarité est merveilleuse à voir, il est difficile de comprendre pourquoi le soutien a été étendu aux Kurdes de Syrie, mais pas pour les Arabes qui ont également expérimenté avec des initiatives d’auto-administration et ont également été lutté contre Daesh (et contre le régime, une bataille que les Kurdes ont été largement épargnés). Peu importe, les révolutionnaires de la Syrie, les Arabes et les Kurdes, reconnaissent l’importance de la lutte commune pour la liberté de tous les autoritarismes (Le YPG kurde et les forces de l’Armée syrienne libre ont rejoint les forces de lutte contre Daesh et il ya beaucoup de campagnes de solidarité civile). Pourtant, il faut être prudent entre le soutien pour le peuple kurde et le soutien pour le PYD qui, malgré son idéologique revendiqué vers l’anarchisme, reste un parti très autoritaire qui est maintenant dans le contrôle de toute l’aide et des armes dans Rojava, qui est le seul parti autorisé à organiser une milice, et qui mène des pratiques répressives envers l’opposition kurde dans les zones qu’il contrôle, ainsi que la conscription forcée. Donc, la question devrait être la façon de soutenir les expériences d’auto-administration et la diffusion des idéaux libertaires rhétorique défendues par le PYD, et non pas de renforcer un parti politique pour prendre le pouvoir.
Il est difficile de terminer sur une note positive pour la Syrie. Beaucoup des révolutionnaires initiaux ont été tués, emprisonnés ou ont fui le pays. D’autres, épuisés, ont renoncé à la lutte, ou ont été poussés vers l’extrémisme par les épreuves qu’ils ont subies. Mais il y en beaucoup à l’intérieur et en exile qui continuent de travailler pour la liberté et la justice sociale. J’encourage les anarchistes de s’engager avec les Syriens et de soutenir ceux qui travaillent encore dans les comités et les conseils, soutenir les initiatives humanitaires à l’intérieur de la Syrie et dans les camps de réfugiés et soutenir les réfugiés dans leur pays d’origine en Europe ou ailleurs. Renseignez-vous sur ce qui se passe et travailler pour contrer la propagande et la calomnie qui se propage par les médias de masse ainsi que les sections de la gauche qui sont devenues apologistes pour le génocide Assad. Ce qui semblait être un moment d’espoir à travers le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord en 2010 et 2011 s’est transformé en une période très sombre de la contre-révolution. La région est en pleine expansion dans la lutte sectaire et la guerre. Maintenant plus que jamais a besoin de la solidarité des militants et le soutien de continuer à se battre pour un avenir meilleur.

********

Algunas ideas sobre Siria

En 2011, el pueblo sirio, como parte de un levantamiento trasnacional que barría la región, se levantó en grandes números exigiendo la caída del régimen. Fue un levantamiento popular espontáneo, originado en las áreas urbanas y rurales desfavorecidas. Era la respuesta a décadas de dictadura, a un estado policial represivo, una élite mafiosa y a las políticas neoliberales del régimen baazista que habían empobrecido a grandes sectores de la población.

Era un movimiento sin líderes, que unía a la gente a través de las barreras de clase, etnia y religión. Hombres y mujeres jóvenes se organizaron de forma horizontal en los comités que florecieron en los pueblos y ciudades por todo el país para coordinar las protestas y las campañas de desobediencia civil y para enviar ayuda a las comunidades asediadas y bombardeadas. En los comités, lxs activistas trabajaban para coordinar las demandas de la revolución en el país – por la caída del régimen y por una transición hacia un estado civil democrático y no sectario. Pasado un tiempo, frente a una represión estatal salvaje en incremento, el pueblo se armó y se organizó en milicias populares para defender a lxs manifestantes y a sus comunidades de los ataques. En 2012, se desató un enfrentamiento militar entre, por un lado, una multitud de milicias populares vagamente agrupadas bajo la etiqueta de “Ejército Libre” y, por otro lado, el Estado.

Siria era la revolución más profunda de todos los países de la “Primavera Árabe”. A mediados de 2012, una mitad del país ya no estaba bajo el control del Estado. En las áreas liberadas y en las zonas autónomas recién creadas se establecieron asambleas locales (basadas en la visión del anarquista Omar Aziz) para administrar la vida, haciendo funcionar los servicios básicos como la educación, el suministro de agua, incluso cultivando sus propios alimentos. A través de las asambleas y los comités, la gente llevaría su propia administración en las zonas liberadas durante los siguientes cuatro años, expresando una solidaridad comunal de las maneras más creativas y prácticas. Este tipo de experimentos en organización autónoma quizás fuesen conducidos más por la necesidad que por ideología, pero fueron la evidencia de una transformación social importante que reconfiguraba las relaciones sociales más allá de la jerarquía y la dominación, hacia el empoderamiento de los individuos y las comunidades. Las energías que desató la revolución llevaron al surgimiento de cientos de organizaciones y campañas civiles y al florecimiento de una cultura por mucho tiempo reprimida (en las artes y en el debate crítico).

Pero como en otros lugares de la región, la contra-revolución fue muy fuerte. Assad echó mano de misiles balísticos, armas químicas y bombas de barril, principalmente atacando a la población civil en las áreas liberadas. A principios de 2015, más de 210.000 personas han sido asesinadas, y cuatro veces ese número han resultado heridas. Ciudades enteras han quedado en ruinas, casas, hospitales, escuelas y medios de vida destruidos. Más de 150.000 personas han sido encarceladas en las mazmorras de Assad, en su mayoría activistas que se opusieron pacíficamente al régimen. Miles han sido torturadas hasta la muerte. Alrededor de la mitad de la población ya no vive en sus propios hogares, siendo desplazados internos o habiendo escapado del país como refugiados. El 65% de la población vive en extrema pobreza y 650.000 están atrapados en áreas asediadas (como el campo de refugiados palestinos de Yarmouk), soportando la hambruna – parte de la política del régimen de “ríndete muere de hambre ”

Grupos totalitarios y extremistas como Daesh (el “Estado Islámico”) ganaron fuerza dentro del caos y comenzaron a tomar control sobre las áreas liberadas, atacando a los civiles revolucionarios y a las milicias del Ejército Libre y cometiendo abusos horrendos y ataques sectarios. Emergieron las bandas de criminales y especuladores. Siria se convirtió en el campo de batalla de guerras subsidiaria, de rivalidades entre suníes y chiitas, de intervenciones extranjeras. Las tropas iraníes y milicias chiitas apoyadas por Irán están ahora ocupando partes del país, sosteniendo al régimen. Extremistas suníes extranjeros (incluyendo colonos europeos) se unen al rebaño de Daesh. Este ha sido el precio de pedir libertad.

“Assad o quemamos el país”

Lo que ha ocurrido en Siria no ha tenido nada de inevitable. Aquellxs que apoyaron al régimen desde el principio dejaron claras sus intenciones, las escribieron sobre los muros por toda Siria: “Assad o quemamos el país”. Mientras Rusia e Irán daban apoyo económico y militar ilimitado al régimen para que aplastase a la oposición, el Ejército Libre de Siria democrático recibió muy poco en términos de armas o apoyo. El régimen liberó a los islamistas de las cárceles en 2011 (los cuales pasaron a liderar las principales brigadas islamistas) y recibieron apoyo (financiero y militar), principalmente de los estados del Golfo. Vinieron a dominar la escena militar. El sectarismo fue nutrido cuidadosamente por las estrategias del régimen y sus cálculos políticos – como enviar escuadrones de la muerte alauís a los barrios civiles suníes. Las élites de la oposición política en el exilio fueron secuestradas por la influencia occidental o del Golfo, y en cualquier caso nunca tuvieron una relevancia real sobre el terreno. Y lo peor de todo, lxs revolucionarixs civiles de Siria fueron abandonadxs, incluyendo buena parte de la izquierda internacional que lxs difamó, tomándolxs por necixs, jihadistas bárbaros o agentes de Occidente.

Una excepción han sido lxs kurdxs de Siria, que han atraído la solidaridad internacional por la revolución social ocurrida en Rojava y su valiente lucha contra los fascistas de Daesh. Aunque sea maravilloso ver esta solidaridad, es difícil de entender por qué se le ha dado apoyo a lxs kurdxs de Siria pero no a lxs árabes que también experimentaron con iniciativas de autogestión y que también han estado luchando contra Daesh (y contra el régimen, una batalla que lxs kurdxs generalmente han podido evitar). En cualquier caso, lxs revolucionarios de Siria, tanto árabes como kurdxs, reconocen la importancia de la lucha unida por la libertad de todo autoritarismo (el YPG kurdo y el Ejército Libre de Siria han unido fuerzas para luchar contra Daesh y han llevado a cabo muchas campañas en solidaridad mutua). Sin embargo, debe ejercerse la cautela a la hora de distinguir entre el apoyo al pueblo kurdo y el apoyo al PYD, el cual, a pesar de su declarado giro ideológico hacia el anarquismo, sigue siendo un partido altamente autoritario que tiene en este momento el control sobre toda la ayuda y el armamento en Rojava, el único partido al que se le permite organizar una milicia, y que lleva a cabo prácticas represivas sobre la oposición kurda en las áreas que controla, así como reclutamiento forzoso. Así que la pregunta debería ser cómo apoyar los experimentos de autogestión y la expansión de los ideales libertarios patrocinados en su retórica por el PYD, y no reforzar que un único partido político controle el poder.

Es difícil acabar con un comentario positivo sobre Siria. Muchxs de lxs revolucionarixs del inicio han sido asesinadxs, encarceladxs o han salido del país. Otrxs, exhaustxs, han abandonado la lucha, o han sido empujadxs al extremismo por las penurias sufridas. Pero aún hay muchxs tanto dentro como en el exilio que continúan trabajando por la libertad y la justicia social. Me gustaría animar a lxs anarquistxs a conocer y entrar en diálogo con lxs sirixs y apoyar a aquellxs que aún trabajan en los comités y las asambleas, apoyar las iniciativas humanitarias dentro de Siria y en los campos de refugiados, apoyar a lxs refugiadxs en sus propios países en Europa u otros lugares. Aprender sobre lo que está ocurriendo y trabajar para contrarrestar la propaganda y la difamación que se ha extendido a través de los medios de comunicación así como por aquellas secciones de la izquierda que se han convertido en apologistas del genocidio de Assad. Lo que parecía un momento de esperanza por todo el Medio Oriente y el norte de África en 2010 y 2011, se ha transformado en un periodo muy oscuro de la contra-revolución. La guerra y la lucha sectaria está haciendo explotar la región. Ahora más que nunca lxs activistxs necesitan de la solidaridad y el apoyo para continuar luchando por un futuro mejor.

Source: Solidaridad Global con la Revolución Siria

********

Einige Gedanken zu Syrien

Im Jahr 2011, im Zuge eines Aufstandes, der durch die Mittelmeerregion zog, ­erhebten sich die Menschen in Syrien in gewaltigen Zahlen um das Abtreten des Regimes zu fordern. Es war ein spontaner Volksaufstand, der seine Ursprünge in den benachteiligen ruralen und urbanen Gebieten hatte. Es war eine Antwort auf Jahrzehnte der Diktatur, eines repressiven Polizeistaats, einer mafiösen Elite und der neoliberalen Politik des Baath Regimes, welche weite Teile der Bevölkerung verarmen ließen.

Es war eine Bewegung ohne AnführerInnen, die Menschen verschiedener Klassen, Ethnien oder Religionen verband. Junge Männer und Frauen organisierten sich horizontal in den Komitees, die in Dörfern und Städten sprossen, und versuchten die Proteste und den zivilen Ungehorsam zu koordinieren. In den belagerten oder bombardierten Gebieten versuchten sie direkte Hilfe, zu leisten.

Die AktivistInnen in den Komitees koordinierten die Forderungen der Revolution quer übers Land – für den Sturz des Regimes und dem Übergang zu einem demokratischen, konfessionsungebundenen, zivilen Staat. Im Verlauf der Zeit, angesichts zunehmender und schonungsloser Repression durch den Staat, bewaffneten sich die Menschen und organisierten sich in Milizen um Demonstrierende und ihre Gemeinschaften von den Angriffen (des Regimes) zu schützen. Bis ins Jahr 2012 eskalierte die Lage zu einem vollumfänglich, militärischen Konflikt. Auf der einen Seite standen die zahlreichen populären Milizen, lose unter dem Banner der “Freien Armee” vereint und auf der anderen Seite der Staat mit seinen Gangs und seiner Armee.

Die Revolution in Syrien war die eingehendste aller Länder des “Arabischen Frühlings”. Mitte 2012 hatte der Staat über die Hälfte des Landes keine Kontrolle mehr. In allen befreiten Gebieten und in den neu erschaffenen autonomen Zonen wurden lokale Räte (basierend auf die Ideen des Anarchisten Omar Aziz) gegründet. Diese verwalteten nun das öffentliche Leben, übernahmen grundlegende Dienste, wie Erziehung und Wasserversorgung, bis hin zur Kultivierung eigener Nahrung. Durch Räte und Komitees in befreiten Gebieten ermächtigten sich die Menschen über die nächsten vier Jahre, ihre eigenen Angelegenheiten zu verfolgen und kommunale Solidarität in den kreativsten und praktischsten Weisen auszuleben.

Solche autonome und selbst organisierte Projekte waren möglicherweise mehr durch Not als durch Ideologie angetrieben, aber sie waren Beweis einer wichtigen sozialen Umwandlung, welche die sozialen Beziehungen neu erfand, weg von jenen sozialen Beziehungen auf Hierarchie und Domination basierend, hin zur Ermächtigung der Einzelnen und der Gemeinschaften. Die durch die Revolution frei gewordene Energie führte zur Errichtung hunderter ziviler Organisationen und Kampagnen und einer blühenden, lange Zeit unterdrückten, Kulturarbeit (in den Künsten sowie in kritischen Debatten).

So wie in den anderen Regionen des “arabischen Frühlings”, waren die Kräfte, die sich der Revolution in den Weg stellten, auch in Syrien sehr stark. Assad verwendete Raketen, chemische Waffen und Fassbomben, diese zielten hauptsächlich auf die zivile Bevölkerung in den befreiten Gebieten. Zu Beginn des Jahres 2015 waren mehr als 210’ 000 Menschen umgebracht, und viermal so viele verletzt. Ganze Städte lagen in Ruinen; Häuser, Spitäler, Schulen und Lebensgrundlagen wurden zerstört. Mehr als 150’ 000 Menschen wurden in Assads Kerker festgehalten – hauptsächlich BürgerrechtlerInnen die sich friedlich dem Regime widersetzten. Tausende wurden zu Tode gefoltert. Mehr als die Hälfte der Bevölkerung lebte nicht mehr in ihren Heimen, entweder innerhalb des Landes vertrieben und versetzt oder ins Ausland geflohen. 65 Prozent der Bevölkerung lebten in extremer Armut und 650’ 000 Menschen waren durch die Belagerung von Gebieten gefangen (z. B. wie das Yarmouk Flüchtlingslager für PalästinenserInnen). Das alles dem Hunger gegenüber stehend, Teil ­der “Verhungern oder Unterwerfen” Doktrin des Regimes.

Totalitäre und extremistische islamistische Gruppen wie Da’esh (IS) gewannen im Chaos an Stärke und begannen die befreiten Gebiete einzunehmen. Sie gingen dabei gezielt gegen zivile Revolutionäre und die Milizen der Freien Armee vor und begingen abscheuliche Misshandlungen und sektiererische Angriffe. Kriminelle Gangs und die Profiteure des Krieges tauchten auf. Syrien wurde zum Schlachtfeld eines Stellvertreterkrieges, Opfer sowohl sunnitischer und schiitischer Wettstreite als fremder Interventionen. Iranische Truppen und durch den Iran unterstützte schiitisch, dschihadistische Milizen besetzten nun Teile des Landes, das Regime schützend. Ausländische sunnitische Extremisten (einschließlich europäischer KolonialistInnen) strömten herbei um sich Da’esch anzuschließen. Das war der Preis dafür nach Freiheit, verlangt zu haben.

Nichts von dem, was in Syrien seit Ausbruch der Revolution geschah, war unvermeidbar. Die Anhänger des Regimes hatten von Anfang an ihre Absichten bekannt gegeben und kritzelten ihre Botschaften an die Wände in ganz Syrien: “Al-Assad oder wir verbrennen das Land.” Während Russland und Iran dem syrischen Regime unbegrenzte wirtschaftliche und militärische Unterstützung gewährten, erhielt die Freie Syrische Armee nur spärlich Waffen und andere Unterstützung. Diese Unterstützung, hauptsächlich aus den Golfstaaten, kamen mit der Absicht die militärische Auseinandersetzung zu beeinflussen. Dabei wurde Sektierertum behutsam durch die Strategien und politischen Berechnungen des Regimes genährt; zum Beispiel indem alawitische Todesschwadrone in zivile, sunnitische Nachbarschaften eindrangen.

Die im Exil lebende syrische Opposition (SNC) wurde durch die Interessen der Golfstaaten oder des Westens entführt, und hatte vor Ort nie eine konkrete Bedeutung. Das Schlimmste dabei war und ist, dass die lokalen, syrischen RevolutionärInnen aufgegeben wurden. Dies geschah auch mithilfe eines Großteils ­der internationalen Linken, welche die syrischen RevolutionärInnen als Dummköpfe, barbarische DschihadistInnen oder AgentInnen des Westens verleumdeten.

Eine Ausnahme stellen Syriens KurdInnen dar, welche in ihrem tapferen Kampf gegen die FaschistInnen der Da’esh, internationale Solidarität für die soziale Revolution Rojavas erhielten. Während ­es wundervoll ist diese Solidarität verfolgen, scheint es, um so schwieriger zu verstehen, warum diese Solidarität dermaßen wählerisch vergeben wurde – warum diese Solidarität den KurdInnen Syriens zugesprochen wurde, den AraberInnen Syriens aber abgesprochen. Auch die arabischen SyrierInnen experimentierten mit Selbstverwaltung und auch sie kämpften gegen die reaktionäre Da’esch. Darüber hinaus kämpften sie auch gegen das Regime, ein Kampf, von dem die KurdInnen mehrheitlich verschont blieben.

Syriens RevolutionärInnen, sowohl AraberInnen wie KurdInnen, erkennen die Wichtigkeit eines vereinten Kampfes für Freiheit aller Autoritarismen. Die kurdische YPG und die Freie Syrische Armee vereinten ihre Kräfte um gegen Da’esh zu kämpfen und es gibt viele gegenseitige, zivile, solidarische Bemühungen. Trotzdem sollte sorgfältig zwischen Unterstützung der KurdInnen und Unterstützung der PYD unterschieden werden. Die PYD bleibt – trotz ihrer Behauptung eine ideologische Kehrtwende zum Anarchismus gemacht zu haben – eine höchst autoritäre Partei welche nun in Kontrolle aller Hilfsgüter und Waffen in Rojava ist. Die PYD ist die einzige Partei, welcher es erlaubt ist, eine Miliz zu bilden, und praktiziert sowohl repressive Methoden gegenüber der kurdischen Opposition als auch Zwangsrekrutierungen. Die Frage lautet somit, wie das selbstverwaltete Experiment zu unterstützen ist, das Verbreiten libertärer Idealen zu fördern, ohne eine politische Partei zu stärken, in diesem Fall die PYD, welche die Macht in ihren Reihen zu zentralisieren sucht.

Im Bezug auf Syrien fällt es schwierig optimistisch, zu enden. Viele der ursprünglichen RevolutionärInnen wurden ermordet, wurden gefangen oder flohen aus dem Land. Einige, erschöpft durch den Preis, der von ihnen abverlangt wurde, haben den Kampf aufgegeben, oder wurden durch die Qualen, die sie erleben mussten, in die Arme der ExtremistInnen getrieben. Dennoch bleiben viele, sowohl im Inland als im Exil, die weiterhin für Freiheit und soziale Gerechtigkeit kämpfen.

Ich möchte AnarchistInnen dazu ermutigen sich mit den SyrierInnen zu beschäftigen und jene zu unterstützen, die immer noch in Komitees und Räten arbeiten. Des Weiteren, humanitäre Bemühungen innerhalb Syriens und in den Flüchtlingslagern zu unterstützen, und sich mit Flüchtlingen in ihren Staaten in Europa und anderswo zu solidarisieren.

Lernt darüber, was heute in Syrien geschieht und konfrontiert sowohl die Propaganda und Verleumdungen der etablierten Medien, als gewisser Teile der internationalen Linken. Medien und “Linke”, welche zu Apologeten des Massenmord Assads wurden. Was in den Jahren 2010 und 2011 wie ein Augenblick der Hoffnung im Nahen Osten und im Norden Afrikas erschien, hat sich in eine sehr dunkle Periode der Konterrevolution gewandelt. Die Region explodiert in sektiererischen Kämpfen und Kriegen. Jetzt – mehr den je – brauchen AktivistInnen Solidarität und Unterstützung um den Kampf für eine bessere Zukunft fortzusetzen.

Source: Antidote

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s